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SEANCES DE RATTRAPAGE
THE LIBERTINE Réalisé par Laurence Dunmore
(Rochester, le dernier des libertins)
Johnny Depp en libertin pourquoi pas ? Le choix de la dv pour traiter un film historique, aussi pourquoi pas ? Mais faudrait-il encore avoir un regard.
Le film n’a de libertin que le titre. Car le libertinage dans le film de Dunmore est plus dans le dialogue que dans les actions. Johnny est bon mais ça on le savait déjà. Samantha Morton est excellente et ça aussi on le savait. Ce sont uniquement eux deux qui nous font regarder ce long film jusqu’à la fin.
5/10
THE PRODUCERS Réalisé par Susan Stroman
(Les Producteurs)
Adapté de la pièce musicale de Broadway, d’après le film de Mel Brooks, Les Producteurs fait plaisir à voir. Tout concourt à faire plaisir au spectateur. Décors, acteurs, Uma ravissante, tout est mis en place pour faire rire et passer un très agréable moment en compagnie de ces producteurs véreux. Très rythmé, le film de Stroman délivre des performances comiques inespérées (Broderick surtout impressionne, lui, habituellement si peu expressif !) et ce résultat jubilatoire où le mot comédie musicale n’est pas galvaudé pour une fois (on rit et ça chante et bien en plus !) est à voir d’urgence. Et même si le scénario ne vole pas toujours très haut, il permet d’apprécier ce divertissement à sa juste valeur : comme une bulle de savon.
7/10
COLOUR ME KUBRICK Réalisé par Brian Cook
(Appelez moi Kubrick)
Ce film réalisé par celui qui fut l’assistant de Kubrick, narre l’histoire vraie de Alan Conway, imposteur pathétique, qui se faisait passer pour le grand Stanley afin d’arnaquer et/ou se taper des jeunes minets. Plein de références à l’univers Kubrickien (musique, costumes et en guest star Marisa Berenson), Colour me Kubrick ne se prend jamais au sérieux et arrive à tisser le portrait de cet homme mal dans sa peau, carrément pathétique (d’ailleurs il ne connaît pas Kubrick et pense qu’il a réalisé Jugement à Nuremberg !) mais touchant. Une comédie « gay » pas inoubliable mais assez bien écrite et qui bénéficie de l’abattage cabotin de Sir John Malkovich, décidément excellent dans tous les registres. Vous n’apprendrez rien sur Stanley mais pas mal de choses sur Alan. A vous de voir.
6/10
INEDITS
MURDER SET PIECES Réalisé par Nick Palumbo (2004)
Aux Usa, un expatrié allemand, adorateur d’Hitler, assassine et mange femmes et petites filles. Ce film hyper violent (super gore surtout) tresse le portrait d’un tueur en série qui fait froid dans le dos. Provocant (surtout les scènes de meurtre de fillettes) et
jusqu’au-boutiste, le film a au moins le mérite de déranger. Au risque de perdre beaucoup de spectateurs au bout de 20 minutes. Mais pour ceux qui resteront jusqu’à la fin, Murder… a le mérite premier de faire aimer la vie après arrêt du film tant ce qu’il décrit est ignoble.
6/10
FREEDOMLAND Réalisé par Joe Roth
Après un Couple de Stars aseptisé, Roth revient derrière la caméra (oui aussi après Un noël de folie – pas vu) pour un polar tendu. Julianne Moore et Sam L. Jackson sont à la recherche du fils de la première, qu’un jeune truand black aurait enlevé dans la voiture qu’il avait dérobé à madame. Freedomland parle d’un sujet peu abordé par le divertissement américain : l’émeute sociale. A travers l’histoire ambiguë de cette femme, Roth trace aussi le portrait d’une communauté afro-américaine perdue, sans véritable avenir facilement tracé. Et on est passionné par cette enquête jusqu’au bout grâce à la brillance des acteurs, le scénario très fin et la réalisation super efficace, nous mettant sous tension pendant tout le film, jusqu’à l’émeute finale. On sent que ça va péter pendant toute la première partie du film et cette sensation là est très bien retranscrite à l’image. Enfin bon, encore un inédit que je vous conseille tant il est rare de voir ce genre de film.
7/10
STRAIGHT JACKET Réalisé par Richard Day
Film inédit, ce nouvel opus du réalisateur de Girls Will be girls datant de 2004, toujours inédit chez nous, traite de l’homosexualité qu’une star masculine de cinéma doit cacher au monde entier. Il épouse donc la secrétaire du studio, grosse godiche, pour faire écran de fumée. Mais tout ne se déroule pas comme prévu. Straight jacket (référence à Strait Jacket avec Joan Crawford sauf que le straight de notre film veut dire « hétéro ») comme le précédent opus est un film libre. Toujours les mêmes codes (budget riquiqui, acteurs excellant dans l’outrance, homosexualité et cinéma) et toujours la même bonne humeur contagieuse font de ce Straight… un film à découvrir d’urgence pour avoir la pêche et le sourire assurés.
7/10
NINE LIVES Réalisé par Rodrigo Garcia
Après le beau Ce que je sais d’elle d’un simple regard, Garcia, fils du célèbre écrivain Gabriel Garcia Marquez, revient au film choral féminin avec moins de bonheur.
Produit par Alejandro Gonzales Inarritu (Amours Chiennes, 21 Grammes et bientôt Babel) -lui aussi passionné par les histoires éclatées et chorales - Nine Lives expose donc neuf vies mais qui ont si peu de lien qu’il faut s’accrocher pour tout suivre sans trop bailler. La réalisation est toujours au plus prés des personnages, les acteurs excellents, mais le scénario se relâche trop souvent pour véritablement émouvoir. Les trois segments les plus réussis sont les trois premiers (sur une femme en prison, une autre retrouvant son premier amour dans un supermarché et une dernière venant régler ses comptes avec son père) et après on peine à retrouver la force émotionnelle de départ.
6/10
HALF LIGHT Réalisé par Craig Rosenberg
Retour de Demi Moore devant la caméra dans un suspense fantastique. Miam.
Oui mais non. Elle interprète mollement une écrivaine qui perd son fils et qui décide de s’installer sur une île d’Irlande après son divorce. Elle commence à voir des choses étranges (les objets bougent de façon si radicale que si elle pense ne serait-ce qu’une seconde que c’est son esprit, elle est vraiment trop conne !!!) et rencontre l’amour sous les traits du jeune gardien de phare (séquence love story pathétique avec notre couple sur un cheval sur une plage d’Irlande) mais il n’est pas censé être vivant. Histoire alambiquée pour pas grand-chose, dont on devine la fin aisément en milieu de film, Half Light perd tout notre intérêt au fur et à mesure que défilent les minutes (non les secondes !). Si au moins les acteurs étaient bons mais même pas. Ils étaient tous d’accord sur le tournage : ratons ce film ! Allez, ça sera pour une autre fois le grand retour de la mère Demi.
2/10
TAMARA Réalisé par Jeremy Haft
Tamara est un peu la Carrie du 21ème siècle. Mal habillée, mal aimée, elle est la risée de tout son lycée et pour en rajouter une couche elle est amoureuse de son marié de prof. Pas de chance la pauvre ! Mais bon, heureusement qu’elle fait de la sorcellerie qui l’aidera – après son meurtre- à se venger des méchants du lycée. Série b très sympathique, produite par le créateur de Destination Finale, Tamara accumule les références et tire son épingle du jeu grâce notamment à des séquences joyeusement gores et perverses (la partouze entre Tamara et deux mes qui finit en scène homosexuelle ou encore la mort en direct du looser qui se charcute au cutter). Pas beaucoup de moyens mais un scénario qui tient la route, une actrice principale qui excelle en salope vengeresse et un bon moment de détente pour aficionados de films d’horreur. Mieux que Carrie 2 et Carrie le remake télé.
6/10